Amélie Clergeau (c’est moi !)  raconte…

Portrait photo d'Amélie Clergeau en noir et blanc avec balle dorée devant bibliothèque - mot conte double
Portrait photo d'Amélie Clergeau en noir et blanc avec balle dorée devant bibliothèque - mot conte double
Portrait photo d'Amélie Clergeau en noir et blanc avec balle dorée devant bibliothèque - mot conte double

un parcours

À quel moment le parcours d’une vie débute-t-il ?
Dans les virages des Marais salants guérandais peut-être…
Premières montées d’adrénaline pour naître et ouvrir grands mes yeux !
Ou bien sur les dernières chaises en bois des écoles qui m’ont accueillie, en bord de mer, entre embruns et ballets de mouettes rieuses…

Après une vingtaine d’années sur la côte Atlantique, j’ai quitté le nid pour vivre l’ailleurs, rencontrer l’autre, me former et expérimenter.
La communication est partout, chaque jour.
3 années d’études en communication m’ont convaincue que je voulais en faire mon métier.
15 années d’expérience professionnelle en tant que communicante m’ont convaincue que je voulais continuer !
Mes expériences auprès d’associations, de coopérative de distribution, de collectivités locales, d’établissement public ou d’entreprises privées, mon engagement dans la société civile, m’ont permis d’avoir une vision globale et transversale des acteurs qui composent notre monde.

un idéal

Une jolie famille harmonieuse avec deux enfants, une grande maison de pierre et de bois , une baignoire  qui ne gaspille pas l’eau, un break et un labrador.
J’ai déjà une enfant délicieuse et un charmant compagnon. C’est pas mal, non ?
Et sinon… mon idéal serait d’être en totale confiance avec tous les doutes et les envies qui me traversent. D’être tranquille dans le mouvement.

un choix

Des choix, j’en fais tous les jours.
Je choisis de me lever tôt pour faire du yoga au calme, ou pas.
Je choisis de mettre une veste bleu Klein ou cerise, ou pas de veste.
Je choisis une tisane de thym ou de curcuma, ou un citron chaud…
Bref, le choix s’invite en permanence dans ma vie.

J’ai envie de vous parler d’un choix tout aussi important que la couleur de ma veste, mais avec lequel je vais composer plus durablement… Le choix de mot conte double.
Les mots tiennent une place importante pour moi. Ils sont précieux et il ne s’agit pas d’en faire n’importe quoi.
Je peux être bouleversée par la puissance et l’impact d’un seul mot.
Les mots racontent, accompagnent, soutiennent, rassurent.
J’aime le pouvoir des mots, les possibilités qu’ils nous offrent. J’aime jouer avec eux, les laisser me guider et partager avec ceux qui le veulent une balade contée unique.
Et j’aime la possibilité de pouvoir exprimer une idée avec deux fois moins de mots !

un vin

S’il est utile de le préciser, un vin nature.
Lo grand fresiment*, un sauvignon du Mas de L’Escarida. Laurent Fell, vigneron pekno punk (comme il se décrit lui-même) cultive ses vignes à seulement quelques minutes de chez moi. Ce blanc n’est malheureusement disponible que quelques jours par an.
Un produit rare, disruptif et humble malgré tout. Ce qui participe peut-être à son goût si exceptionnel…
Une attaque fraîche et sensible. Un vin légèrement perlant. Une minéralité qui invite à déguster à même le rocher des huîtres sur l’île d’Hoëdic. Une robe claire et raffinée, comme une fée qui s’invite en bouche.

*Le grand frisson en occitan

un souvenir

Ça commence par une musique. La lettre à Elise, Beethoven.
Pour l’écouter, il fallait tourner la manivelle du boîtier fixé sur le grand cadre en bois.
Ce grand cadre, compartimenté, exposait fièrement une collection arrogante de flacons miniatures. Des contenants vides aux noms évocateurs. Des répliques de grands parfums, en plus petit !
La difficulté consistait à faire jouer le morceau sans frôler les fioles en verre, régulièrement époussetées, dont chacune avait sa case, sa place.
Je prenais ce risque à l’abri des regards et des mises en garde.
Tourner la manivelle jusqu’à ce que chaque dent se heurte aux picots métalliques savamment disposés.
Tourner, jusqu’à la dernière note.

Peut-être oubliai-je de respirer pendant cet air enlevé.
Peut-être est-ce pour cette raison que mon terrain de jeu, celui de tous les possibles, se trouvait à l’extérieur.
Autour de ma maison, conçue par mon père l’année de ma naissance, j’étais une petite fille audacieuse et créative. Libre.
Mes sœurs et moi passions beaucoup de temps dans notre jardin, une forêt.
Au-delà, deux collines. La grande colline et la p’tite colline.

Je me souviens des fleurs ramassées, sélectionnées pour leurs couleurs, leurs parfums, leur potentiel à exprimer une fragrance capable de détrôner Anaïs Anaïs, l’odeur de ma mère.
Je me souviens précisément de ce mini flacon en verre blanc, rond, avec son bouchon, en forme de boule.
Nous l’avait-elle donné ? L’avions-nous volé ?
Peut-être n’avait-il plus eu sa place sur le cadre en bois. Peut-être ne l’avait-il jamais eu…
C’était en tout cas pour moi l’occasion de m’essayer à cet art subtil et envoûtant.
J’allais être créatrice de parfum !

C’était sous le saule pleureur que s’effectuait la savante opération. Les fleurs sauvages, soigneusement sélectionnées, étaient concentrées dans un récipient d’eau.
Macération florale, douce amer, sucrée et herbacée. Je me sentais alors capable des plus belles alliances. Une confiance immense m’envahissait.
Aucun doute que ma touche personnelle, une dose de dentifrice à la menthe, ferait mouche !
Pas à un seul moment, j’ai douté du résultat.
Notre chère maman, qui sentait si bon le Cacharel, trouverait là son odeur nouvelle !